Elections-legislatives-turque-2015

La Turquie, 15e puissance économique dans le monde, a vécu le dimanche dernier l’un des scrutins les plus importants de son histoire ou peut-être de l’histoire de son président actuel et ex-Premier  ministre depuis 2003.

Recep Tayyip Erdogan, qui s’est prêté au jeu du couple Putin-Medvedev en passant du poste de premier ministre à celui de président se trouvait dans une situation affaiblie et sans vraie prérogative (rappelez-vous l’ex-président Abdullah Gül). Habitué à gouverner sans partage, il devait trouver une solution pour récupérer ce que lui revient de droit (selon lui bien sûr) et qui est maintenant entre les mains de son fidèle serviteur Ahmet Davutoğlu actuel Premier ministre.

Son plan

Comme il ne pouvait pas briguer un autre mandat en tant que Premier ministre, Il a consommé son quota (3 mandats entre 2003-2014), et comme c’est impensable pour un narcissiste comme lui, de passer la main, il a visé les présidentielles qu’il les a gagné haut la main.
Personne ne ni sa popularité. Sous son règne, la Turquie a réalisé des performances économiques historiques (+9.1%  en 2010 et +8.5% en 2011). Dans son esprit la Turquie d’aujourd’hui lui doit tout et la plupart des Turques le reconnaissent.
Tout le monde a pensé que le poste de président était une retraite méritée pour l’un des plus imposants premiers ministres de la région.  Mais les ambitions d’Erdogan n’ont pas de limites. Le lendemain de son intronisation, il annonce qu’il projette de changer le régime Turc en régime présidentiel (actuellement il est parlementaire) grâce à un referendum. Il récupérera, ainsi, tous les pouvoirs qu’il avait en tant que Premier ministre et pourra les exécuter encore pour deux mandats de 5 ans (réforme d’octobre 2007).

L’impitoyable destin

La folie des hommes n’a pas de limite, mais la réalité est là pour les stopper. En ce lundi 8 juin 2015 Recep Tayyip Erdogan se réveille, quoique je suis sûr qu’il n’a pas gouté au sommeil, sur l’incroyable vérité qu’il n’a plus la majorité absolu, qu’il n’a même pas la simple majorité que son parti l’AKP détenait depuis plus d’une décennie (258 sièges/550 sièges).
L’improbable UHD, formation conduite par les Kurdes, a réalisé l’irréalisable en obtenant 12.9% des voix et a raflé 80 sièges au parlement Turc.

Repartition-des-siges-au-parlement-turc-2015

Recep Tayyip Erdogan a perdu son pari avec lui-même et l’AKP devra composer avec les autres partis afin de former un gouvernement.
C’était prévisible, mais personne n’osait le croire. Les émeutes de la place Taksim contre la destruction du parc Gezi  en 2013 qui a fait plus de 78000 blessés et 6 morts, le ralentissement de l’économie Turc, l’arrestation des généraux de l’armée ainsi que des journalistes, la censure des médias et d’internet et la dernière affaire de corruption et blanchiment d’argent qui touchait le petit cercle du président Erdogane.
Malgré tous ces événements, le président Turc ainsi que son parti AKP, bénéficient encore d’une grande popularité. Mais c’est stupide de croire que les choses resteront ainsi éternellement.
Ce lundi de 8 juin 2015 marquera, peut-être, le début de la fin de l’ère Erdogane. Pour laisser la place à du sang neuf qui pourra faire face aux nouveaux défis Turcs dans une région en pleine effervescence.
Il faut garder à l’esprit que les jeux ne sont pas encore faits. L’AKP à 45 jours pour former un gouvernement de coalition. Mais l’AKP veut gouverner seul, il brandit déjà, son dernier atout, la convocation des élections anticipées, dernier espoir d’Erdogane. Entre-temps, les choses restent au statu quo ce qui fait très mal à l’économie Turque.

Source des chiffres: Wikipedia

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