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Le phénomène EI, ISIS ou Daesh, ne cesse de terrifier le monde et n’arrête pas son expansion à travers les pays dépourvus d’un Etat et de ses institutions. Son champ d’action couvre, aujourd’hui la Syrie, l’Irak et monte en force en Libye où cette organisation revendique son plein pouvoir sur la ville de Syrt, une prise très significative vu qu’il s’agit de la ville natale de Mouammar Kadhafi et le lieu de son exécution (retenons bien ce dernier détail).

Avec cette nouvelle victoire de ce groupe terroriste en terre d’Afrique, entouré de pays qui se caractérisent par un équilibre fragile, des stratégies devront être mises en place afin de stopper son avancé et ses ambitions.
Croire que cela pourra être assuré par le renforcement du dispositif militaire est absurde. Deach est combattu par l’armée Syrienne, par l’armée Irakienne, par l’armée Kurde tous les trois soutenus logistiquement par la Turquie et par des frappes aériennes quasi quotidiennes de la force de la coalition menée par les USA. Sans résultats tangibles.
En Lybie, Deash est combattu par les forces de Kalifa Haftar et par les milices de Fajar Libya sans succès.

Pour pouvoir les stopper, il faut, d’abord, analyser les causes de leur apparition et de leur expansion.

I/ Daesh est, Al-Qaïda en Irak qui renaît de ses cendres

Il faut remonter jusqu’en 2003, plus précisément à l’invasion de l’Irak par les forces armées Américaines. Lors de cette invasion, une série de décisions et d’actions ont été entreprises et qui ont conduit à la naissance de ce qu’on appelle aujourd’hui Daesh.

1- Démantèlement du régime de Saddam Hussein
Afin d’instaurer la « démocratie » en terre d’Irak multi-ethnique avec une dominance Sunnite, les Américains ont pris la décision de viser, malgré les avertissements des fins connaisseurs du pays, ces derniers en commençant par le démentiellement de la super-puissante armée Irakienne « la garde républicaine » et d’un nettoyage profond de l’administration.

Du jour au lendemain l’Irak se trouve sans sécurité et sans administration. Cette décision imprudente a conduit à l’ascension des autres ethnies Irakienne longtemps méprisée par le régime de Saddam Hussein à savoir les Kurdes et surtout les chiites.

Le président Irakien Saddam Hussein crie sur le juge lors de l'annonce du jugement de sa condamnation à mort par pendaison, le dimanche 5 Nov, 2006. (AP Photo/David Furst, Pool)
Le président Irakien Saddam Hussein crie sur le juge lors de l’annonce du jugement de sa condamnation à mort par pendaison, le dimanche 5 Nov, 2006. (AP Photo/David Furst, Pool)

L’insécurité qui régnait dans le pays et surtout après la révolte et la bataille de Falloujah fief des sunnites, l’Irak est devenue le terrain de jeu favori d’Al-Qaïda. Soutenu par ces mêmes sunnites en soif de vengeance contre les américains qui se sont acharnés sur eux. Cette bataille a causé la mort de plus de 6000 civiles.

En 2004, plus de 6000 civiles ont été tués lors de la bataille de fallujah. Sur cette photo on constat l'ampleur des dégâts.
En 2004, plus de 6000 civiles ont été tués lors de la bataille de fallujah. Sur cette photo on constat l’ampleur des dégâts.

Depuis, les attentats meurtriers ne se sont jamais arrêtés.

2- Combattre Al-Qaïda
Face à la remontée en force d’Al-Qaïda en Irak, les Américains se sont rendu compte de leur erreur en visant les tribus Sunnites. Ils avaient réalisé, finalement, que ces tribus étaient les seuls qui pouvaient basculer la tournure du combat et vaincre ce groupe armé.
De ce fait, les Etats Unies ont, à coup de centaines de millions de dollars, acheté leur collaboration.
Ce partenariat gagnant-gagnant, a permis aux Américains d’apporter un coup dur à Al-Qïda en Irak jusqu’en 2010. Seuls quelques combattants ont survécu (les plus entrainés et les plus féroces) et se sont caché aux confins de l’Irak.

3- La répression d’Al Melki et désengagement Américain
En 2010, Barak Obama, réalise sa promesse électorale et retire tous ses soldats de l’Irak. Non pas par bonté de cœur, mais parce que le parlement Irakien a refusé l’immunité judiciaire au cas où un contingent de soldats restait sur place.
Cette décision a agacé les Etats-Unis.
Ensuite, lors de la visite du Premier ministre Irakien, Nouri Al Malki aux USA, Barak Oboma lui a fait savoir qu’il n’intervenait plus dans les affaires internes de l’Irak.
Nouri Al Malki, a pris cette déclaration pour une carte blanche pour faire ce qu’il veut en Irak.
Les événements qui suivront cette rencontre et qui coïncidaient, d’ailleurs, avec le déclenchement du ce qu’on appelle le Printemps Arabe, spécialement en Syrie (voisin de l’Irak), ferons de Daesh ce qu’elle est aujourd’hui.
En effets, la répression de Nouri al Mailki, Chiite de confession, contre les membres Sunnites de son propre gouvernement.
Comme, l’accusation de terrorisme, de son vice-président Tareq al Hachemi leader des sunnites, tout en le condamnant à mort par contumace.

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Tarek Al-Hechimi, leader des sunnite et vice-président de l’Irak, accusé de terrorisme contre les chiites par Nouri Al Meliki et condamné à mort

Ajoutons à ça, la répression sanglante des manifestations de 2013 (plus de 100 morts).

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Manifestation en Irak en 2013 exigent le départ de Nouri Al Meliki
L'apparition du drapeau de Daesh lors des manifestations de 2013 en Irak
L’apparition du drapeau de Daesh lors des manifestations de 2013 en Irak

 

Enfin, le déclenchement de la guerre civile en Syrie, formaient les ingrédients qui ont permis la naissance de l’Etat islamique en Irak et au Levant.

II/ Daesh implantation et expansion

L’analyse de la naissance de Daesh nous permet de constater que l’approche de ce groupe terroriste est différente de celle d’Al-Qïda. Ils ont commencé par annoncer la création d’un Etat avec des limites géographiques. Ensuite, ces terroristes ont fait des Etats instable à cause du « P rintemps Arabe » leur terrain de jeu favori.
Ils ont aussi compris, qu’au lieu d’attaquer les intérêts des grandes puissances, ils pouvaient attaquer les Arabes musulmans qui ne partagent pas leurs idées ainsi que les chiites et gagnaient ainsi du terrain sans être inquiétés par l’Occident qui se limitera uniquement à la condamnation de leurs actes.
Le cas de la prise de Mossoul confirme ce qui est dit plus haut. En effet Daesh a pris, avec plus de 800 hommes, le contrôle d’une ville de plus de 3 millions d’habitants. Aucune intervention de la communauté internationale.
Mais quand Daesh était sur les portes d’Erbil, la ville qui contenait le gros des investissements Américains, une coalition a été formée pour lutter contre.

Ensuite, Daesh, détient d’énormes ressources financières. On parle d’un budget de fonctionnement de 2 milliards de dollars. La prévenance de ce financement est diverse. Ça part du trafic du pétrole et d’arme jusqu’à l’argent qui coule à flots des pays du Golf.
Daech, en persécutant les chiites, participe à l’affaiblissement de grand ennemi Iranien qui menace les monarchies du pétrole.

Donc grâce à cette extraordinaire ligne de financement, Dash promet des sommes colossales à ses soldats. Entre 2000 et 3000 dollars par mois pour chaque combattant. Le dollar devient plus convaincant que le Djihadisme lui même. Ce qui explique que l’afflux des volontaires, en quête d’une meilleure situation sociale quelques soit le prix, ne s’arrête pas malgré le durcissement sécuritaire des pays exportateurs de soldat.

La présence de Daech au Moyen Orient et en Afrique.
La présence de Daech au Moyen Orient et en Afrique.

Finalement, l’absorption des autres groupes terroristes. Par une simple déclaration d’allégeance au commandeur des croyants Al-Bagdadi, n’importe quelles personnes extrémistes ou groupes terroristes pourront porter la bannière de Daesh n’importe où dans le monde.

Pour résumer, Daesh est un Etat identifié géographiquement, gouverné par un commandeur des croyants, faisant des Chiites son ennemi numéro 1, et des pays fragiles son terrain de jeu. Son gouvernement se base sur la charia islamique, n’a pas honte de séduire ses combattants par l’argent et n’a aucun complexe pour accepter les personnes du monde entier.
Daesh s’attaque toujours aux villes à symbole politique, social, historique et fait de la communication et de la propagande son arme de prédilection.
Pour renforcer ses ronds, Daesh, s’adresse à la population oubliée, délaissée et persécuté par leur gouvernement en s’appuyant sur un message religieux enrobé dans des dollars. Ce qui lui permet de de construire des niches et cellules dormantes qui peuvent déclencher des opérations à n’importe quel moment et à n’importe quel endroit.

Après cette analyse, il faut constater que le phénomène Daesh est né de la répression des peuples et profite de cette même répression pour acquérir plus de pouvoir.

Pour vaincre et mettre fin à la menace Daesh il faut une stratégie sécuritaire couplée à une croissance économique soutenue afin d’améliorer le quotidien des populations oubliées par la dictature et qui représente un réservoir de recrutement pour ces terroristes..  C’est le seul moyen pour gagner cette guerre. Sinon il faudra se préparer à vivre des jours sombres.

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