Nouveau_parlement_Tunisien_2014

La date du 02 décembre 2014 pourra, désormais, faire partie de l’histoire de la Tunisie. Il s’agit de la première séance plénière du premier parlement Tunisien élu démocratiquement et d’une manière transparente par le peuple Tunisien.
Comme l’annonce la constitution, une des premières taches importantes sera l’élection d’un président du parlement pour les 5 prochaines années.  Ce poste qui paraît honorifique, vu la prestation très médiocre du Président sortant de l’ANC, Mustpha Ben  Jaafar,  est au contraire le plus important du pays si on sait s’y prendre. Par conséquent, une guerre silencieuse a déjà commencé depuis l’annonce des résultats des législatives pour gagner la bataille de Bardo.
Qui sera, donc, le Parti qui assurera la présidence du parlement ?

Trois scénarios possibles
Certes, il y a en a plusieurs, mais je préfère me focaliser sur uniquement 3 d’entre eux.

Nidaa Tounes :
Il est légitime que Nidaa Tounes convoite ce poste. Il est le Parti vainqueur du scrutin du 26 octobre 2014. En plus de nombre de siège le plus élevé au parlement et le fait qu’il sera le parti qui formera le gouvernement et nommera son chef, avoir la présidence du gouvernement est un coup très important dans l’échiquier politique.
Par contre, je considère, et les plus éclairés chez Nidaa Tounes aussi, que c’est un acte très périlleux. Convoiter ce poste, aujourd’hui, tirera un trait sur les chances de Mr. Beji Caid Essebsi de gagner la finale des présidentielles. Surtout qu’il est accusé d’entrée de jeu, lui et son parti, de vouloir s’approprier le pouvoir.
Aspirer, aujourd’hui, à la présidence du parlement, confirmera, aux électeurs indécis, ces allégations. Ainsi le vote utile, dont Nidaa Touns, a bénéficié, deviendra un vote de sanction contre son élu à la magistrature suprême.
Par ailleurs, appuyez la candidature d’une personnalité d’un autre Parti, qui fait en plus consensus, sera bien vue par tous les Tunisiens mais aussi par la communauté internationale surtout, après les attentats survenus 24 heures avant  la première plénière. Quelle coïncidence !

Le front populaire :
Je le considère comme la troisième force du pays même si elle est classée 4e aux législatives à un siège près de l’UPL. En tant que tel, le front  populaire est un sérieux intendant au trône du palais du Bardo. Elire l’un de ces membres à la présidence du parlement fera, certainement, le consensus de tous les Partis démocratiques.
Une telle action mettra fin à la fameuse bipolarisation qui fait tellement peur et mettra fin à l’image d’une troïka qui a échoué vu qu’Ennahdha ne soutiendra jamais cette candidature ce qui la placera définitivement dans l’opposition. Mais, surtout, donnera l’occasion inespérée au Front Populaire de gouverner pour la première fois de son histoire.
Hélas, c’est très beau pour être vrai. Le Parti Islamique ne pourra jamais avaler cette pilule et usera de toute son influence pour contre carrer ce projet.
D’un autre côté, je pense que le front populaire ne sera pas disposé à accepter cette offre si elle serait évoquée. L’aspect honorifique cité au début pourra en être la cause.  De plus, la montée extraordinaire du FP au sein des législatives et du score plus qu’honorable de son leader au premier tour des présidentielles (plus de 255000 voix) pourrait donner la grosse tête à ses dirigeants pour qu’il se trouve à la fin ne faisant partie d’aucune forme de coalition et éloigner ainsi de l’exercice du pouvoir.

A mon avis, c’est le moment ou jamais pour que le FP accède au pouvoir du moment que toutes ses factions sont encore soudées. En laissant passer cette occasion il risquera de ne plus l’avoir.

Ennahdha :
Que nous le voulons ou pas, le Parti Islamique d’Ennahdha, est une pièce maitresse de l’échiquier politique Tunisien. Une fois encore, il a prouvé que ses bases sont solides, malgré une gestion désastreuse du pays durant 3 ans. Ce qui fait de lui le parti le plus favorable pour diriger le parlement Tunisien.

D’ailleurs, le nom de Maître Abdelfattah Mourou, ne cesse de se répéter dans les medias et  paraît faire consensus. Apprécier par les Tunisiens et par la gente politique pour ses prises de positions modérées et des fois contre, même, son propre Parti dont il est le vice-président.
Tout le monde pense que les jeux sont faits et que cette position annoncera un début de cohabitation pacifique entre Ennahdha et son rival Nidaa Tounes. Mais les accusations de soutien discret au Président provisoire sortant, le docteur Mohamed Moncef El Marzouki , aux présidentielles pourrait balayer les chances fragiles de cette cohabitation.
Si c’est le cas, il y aura certainement blocage qui traduira toutes les tractations qui sont en cours depuis l’annonce des résultats du premier tour des présidentielles 2014.
De son coté, Ennahdha, se tient à carreau, observe de loin, et lance à toutes les occasions possible un discours rassembleur, au risque de tomber dans la répétition. J’ai l’impression, qu’il s’agit d’une association humanitaire plus qu’un parti politique qui cherche le pouvoir. Ce qui confirme, a mon avis, qu’Ennahdha est en train de concocter quelque chose, que c’est le silence avant la tempête. Elle attend juste un trigger pour préciser définitivement sa position.
Ce qui va se passer aujourd’hui déterminera ses agissements futurs. Un Parti comme Ennahdha n’acceptera jamais de faire partie de l’opposition quoique ce serait le comportement le plus sage à prendre aujourd’hui. Attendons pour voir

La Tunisie est, désormais, face à son propre destin. Devant  cet exercice délicat, la gente politique devra laisser de coté leurs querelles éternelles et penser aux futures du pays. Trouver une solution consensuelle est le but de l’exercice d’aujourd’hui. Elire un président du parlement à la majorité absolue saurait un message fort qui prouvera, encore une fois, que la Tunisie est sur la bonne voix. Que le vrai travail a, bel et bien commencé.
Mais le pouvoir est corrupteur. A la lumières des événements de ces derniers jours,  je pense que nous ne serons pas sortis de l’auberge d’aussi tôt.
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