UGTT vs gouvernement chehed

C’est l’actualité du moment, le bras de fer entre la centrale syndicale et le gouvernement continu à animer la scène politico-sociale du moment.
Pour résumer la situation, le syndicat de l’enseignement secondaire veut :

  • De l’argent
  • Le classement du métier comme pénible ce qui autorisera les professeurs qui ont fait 30 ans de service, un départ volontaire à la retraite à 55 ans. (Accords d’octobre 2011).
  • La mise en place de calendriers et critères clairs pour la réforme du secteur.

Encore des revendications

Parler de légitimité de ces revendications aujourd’hui est futile. Depuis 2011, tous les secteurs, privés ou publics, sous la tutelle de leurs corps syndicaux ont fait et refait des revendications de ce genre et ont obtenu ce qu’ils voulaient.
Rappelez-vous,  des régions entières ont bloqué la production du phosphate et l’acheminement du pétrole, causant à l’État des millions de dinars de perte, pour obtenir à la fin ce qu’ils voulaient. Même la présence militaire déployée à l’époque n’a pas pu les dissuader.

La faiblesse et le laxisme de l’État ne peuvent être qu’un terrain favorisant les revendications sans fin.  Surtout lorsque ce même État cède, à chaque fois, dès les premières escalades de l’UGTT de sa « lutte » (grèves sauvages, arrêt de production, rassemblement des masses, …).
Tout cela nous amène à l’état actuel des choses. Hier c’est les médecins, aujourd’hui c’est les professeurs et demain apportera son nouveau lot de revendications.

Comme toute personne sensée, vous allez me dire que l’État n’a pas les moyens de satisfaire les revendications des professeurs. Je suis totalement d’accord avec vous, mais je tiens à vous rappeler que l’État Tunisien n’avait pas aussi les moyens de satisfaire les revendications  passées, pour tant elle l’a fait. D’ailleurs, c’est une des raisons que nous nous croulions sous les dettes. Je vous mets à titre d’information le montant de la dette de la Tunisie, tenez-vous bien : 76 165 MDT. (71,4% du PIB).

Le « niet » du gouvernement

Afin de résoudre la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les élèves, leurs parents et les professeurs. Débloquer quelques centaines de millions de dinars, ne représente plus rien face à l’abysse dans lequel nous plongeons à grande vitesse.

Pourtant ce n’est pas aussi simple que ça. Ou, dirai-je que ce conflit, qui a assez duré en cache un autre, plus profond.

L’État, d’habitude, docile avec l’UGTT, a choisi de faire face à cette situation avec le syndicat de l’enseignement supérieur. C’est un changement majeur  de comportement. C’est comme si le gouvernement Chahed dit à l’UGTT : «  j’ai déjà sacrifié un ministre l’année dernière au 1er mai 2017. C’est tout ce que vous aurez, à vous de faire de même, la balle est dans votre camp. »
De plus, j’ai l’impression que ce même gouvernement, se venge de l’UGTT vu que ce dernier vise à le dissoudre à travers la révision de l’accord de Carthage.

Bataille médiatique

D’ailleurs, le gouvernement Chahed s’est lancé dans une guerre médiatique profitant de la faiblisse du syndicat, mené par Lassad El Yaakoubi, dans ce domaine, vu qu’au 21e siècle l’UGTT utilise encore des termes nationalistes révolus du temps de Nasser. Sur ce point le gouvernement est en train de gagner et de rallier l’opinion publique à sa camp.
Au lieu de changer de stratégie, en cédant du terrain et trouver un moyen pour revenir à la table des négociations avec le gouvernement, faisant ainsi d’une pierre deux coups : décrédibiliser l’attaque médiatique du gouvernement et reprendre le soutient de l’opinons publique.
Le voilà qu’il lance une grève générale ouverte dans le secteur avec le même plan médiatique de lutte contre l’oppresseur du temps de la colonisation.

Cette dernière escalade témoigne du gouffre qui s’est installé dans la relation gouvernement Chahed et l’UGTT.

Dommages collatéraux

Dans cette bataille par alliés interposés, presque 1 million de familles et plus de 75 000 professeurs se trouvent pris en otage entre deux grands bras de l’État qui veulent prouver qui commande réellement, sans se soucier du calvaire journalier  du citoyen que ce soit parent, élèves ou professeurs.
Pour eux ils ne sont que des pions qu’ils bougent à volonté dans tous les sens. Si ça dégénère il y aura sûrement des boucs émissaires qui seront sacrifiés sur l’autel de l’orgueil et de l’égoïsme.
Pourtant la solution est très simple. Si l’un des deux côtés prend l’initiative de céder ne serait est-ce qu’un iota, les choses avanceront dans le bon sens.
Peut-être qu’au 1er mai 2018, l’UGTT entendra le message du gouvernement et sacrifiera à son tour un bouc émissaire. Mais ça sera qui ?

Source des chiffres:
Ministère de finance
Ministère de l’education

Professeurs, parents et élèves pris en otage dans une guerre par alliés interposéshttp://efigure.net/wp-content/uploads/2018/04/UGTT-vs-gouvernement.jpghttp://efigure.net/wp-content/uploads/2018/04/UGTT-vs-gouvernement-150x150.jpgImed FakhriAnalyses & OpinionsChahed,Dette de la Tunisie,Lassad El Yaakoubi,mai 2018,Syndicat de l'enseignement secondaire,UGTTC’est l’actualité du moment, le bras de fer entre la centrale syndicale et le gouvernement continu à animer la scène politico-sociale du moment. Pour résumer la situation, le syndicat de l’enseignement secondaire veut : De l’argent Le classement du métier comme pénible ce qui autorisera les professeurs qui ont fait 30...Le site où figure l'information

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