France-Tunisie_protocole financier_mai_2014

Le 30 mai 2014, l’assemblée nationale constituante de la Tunisie (ANC), a ratifié un ensemble de lois relatives à des protocoles financiers entre la Tunisie et la France portant sur les chemins de fer tunisiens.
L’événement semble  habituel, surtout avec les rapports historiques qui existent entre les deux pays.

Mais qu’est-ce qu’on entend par protocole financier ?

Comme vous le soupçonnez, sans doute, on ne parle pas ici d’un partenariat gagnant-gagnant et surtout pas d’un rapport d’égale à égale, comme ne cessent de le dire les gens du gouvernement.
Il s’agit ici, tout simplement, d’un accord de plusieurs emprunts à la Tunisie. Des emprunts qui serviront à :
– L’amélioration de la ligne de chemin de fer Sfax, Gabes, Gafsa (la ligne du phosphate).
– La Fourniture de matériel roulant pour le réseau ferré rapide (RFR) de Tunis.
Le plus étonnant, si j’ose dire, dans cette situation est que pour avoir cette argent, la Tunisie doit faire appel, à hauteur de 70% au minimum, à des sociétés purement Française lors de ses appels d’offres international !
Donc, et dans le cas où les prix proposés par les sociétés françaises sont les plus chères du marché, la Tunisie sera dans l’obligation de signer avec celles-ci afin d’avoir accès à la ligne Française de crédit.
« Rien de plus ordinaire que d’exiger, avant d’accorder un emprunt, qu’il soit affecté en partie à des achats de produits dans le pays prêteur (…). La France, au cours de ces vingt dernières années (1890-1910), a très souvent eu recours à ce procédé. L’exportation des capitaux devient ainsi un moyen d’encourager l’exportation des marchandises. » Vladimir Ilitch Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme.

Rien n’a changé depuis !

Appelons les choses par leurs vrais noms, il s’agit là de l’impérialisme capitaliste. Un nom qui n’est plus en vogue aujourd’hui mais remplacé par d’autres, plus à la mode (protocoles, accords bilatéraux et j’en passe).
La question que je n’arrête pas de me poser depuis un bon bout de temps est : N’avons-nous rien appris de notre histoire ?
La France, durant la période coloniale, a construit le réseau de chemin de fer  tunisien au frais de la Tunisie (des emprunts colossaux à l’époque).
Sommes-nous descendus aussi bas pour accepter de nos jours les conditions impérialistes de l’ennemi.

« En acceptant cet emprunt le Gouvernement Tunisien était obligé de faire appel à des sociétés Françaises pour acheter le matériel nécessaire  à la construction des chemins de fer tunisiens. » Carmel Sammut, L’impérialisme capitaliste français et le nationalisme tunisien (1881-1914).

Ce qui m’étonne est que ces protocoles ont été adoptés par l’ANC, assemblée qui doit défendre les intérêts de la Tunisie et des Tunisiens. Mais le plus étonnant dans cette histoire est que les votes par « OUI » sont majoritairement ceux du Mouvement Ennahdha (Entre 50 et 60% des votes par OUI).

On ne comprend plus rien à rien ! Ces gens sont soit, des ignorants de notre histoire soit des complices dans l’affaire, imaginez un seul instant les montants des commissions sur ce genre de contrat à l’approche des élections.
La Tunisie avait, à mon humble avis, la possibilité d’avoir un ou plusieurs emprunts à des taux d’intérêts, certes un peu plus élevés que ceux accordés par la France, tout en gardant sa liberté de choix afin de diminuer les coûts d’exploitation et de préserver son intégrité et son indépendance.

Aujourd’hui, après l’adoption des lois n°34-35-36/2014, et en acceptant ces emprunts d’un montant de 376 000 000 € ,détaillés comme suite :
-290 0000 000 € Loi n°34 sur 40 ans taux d’intérêt 0,01%
-43 000 000 € lois n°35 sur 20 ans taux d’intérêt 0,13%
-43 000 000 € Loi n°36   sur 20 ans taux d’intérêt 0,13%
La Tunisie sera dépendante pour 40 ans à la France pour une ligne du phosphate en panne, depuis la « Révolution »  vu que les gouvernements Tunisiens n’ont rien pu faire pour la relancer et pour une ligne RFR à Tunis qui, avec l’état des choses aujourd’hui, est considéré comme un luxe et ne sert pas à grand-chose à mon avis.

Merci donc aux députés de l’ANC pour ce cadeau aux futures générations de la Tunisie et un grand merci, spécialement, aux députés du Mouvement Ennahdha qui ont permis l’accomplissement de cette œuvre.  L’histoire que vous ignorez, vous jugera, un jour, comme il se doit.

Dans la foulée, nos chers député ont ratifié le même jour, la loi n°41/2014 pour un emprunt de 100 millions de $ de la part de l’Algérie.

 

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Protocole Financier des chemins de fer tunisien avec la France: l’histoire se répètehttp://efigure.net/wp-content/uploads/2014/10/Train_électrique_T.G.M._à_Carthage_en_1952.jpghttp://efigure.net/wp-content/uploads/2014/10/Train_électrique_T.G.M._à_Carthage_en_1952-150x150.jpgImed FakhriAnalyses & Opinions01%,100 millions de $,13%,290 0000 000 € Loi n°34 sur 40 ans taux d'intérêt 0,30 mai 2014,376 000 000 €,43 000 000 € Loi n°36 sur 20 ans taux d'intérêt 0,43 000 000 € lois n°35 sur 20 ans taux d'intérêt 0,Carmel Sammut,chemin de fer Tunisie,crédit français,histoire Tunisie,L’impérialisme,l’impérialisme capitaliste,L’impérialisme capitaliste français et le nationalisme tunisien (1881-1914),la loi n°41/2014,le réseau ferré rapide tunisie,lois n°34-35-36/2014,Mouvement Ennahdha,protocole financier,RFR Tunisie,stade suprême du capitalisme,Vladimir Ilitch LénineLe 30 mai 2014, l’assemblée nationale constituante de la Tunisie (ANC), a ratifié un ensemble de lois relatives à des protocoles financiers entre la Tunisie et la France portant sur les chemins de fer tunisiens. L’événement semble  habituel, surtout avec les rapports historiques qui existent entre les deux pays.Mais qu’est-ce...Le site où figure l'information

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