Pénurie des cigarette en Tunisie

J’en ai marre de passer chez un buraliste ou chez un kiosque pour acheter des cigarettes et d’avoir toujours la même réponse « j’ai uniquement  telle ou telle marque ». Pis, lorsque je tombe sur un point de vente qui a la marque que je cherche, je trouve son prix augmenté d’au moins 10%. Dans mon cas, ceci concerne la marque Tunisienne Silver. Les autres subissent des hausses qui varient entre 0,4 DT et 4 DT.
Par exemple, je me suis rendu, aujourd’hui, à un point de vente où j’avais l’habitude d’acheter le paquet Sliver à 3,2 DT (0,4 DT de plus que le prix légal). Avant de me servir, le marchand m’informe que, désormais, le paquet est vendu à 3,4 DT. En s’interrogeant sur cette majoration surprise, il me répond qu’il a acheté la cartouche à 31 DT au lieu de je ne sais quel prix.  Ce qui le pousse à répercuter cette hausse sur son prix vente.

Prix de quelques Marque de cigarette, un vrai mystère:

En plus des hausses périodiques de l’État, la bourse des citoyens est, régulièrement, rythmée par la flambé des prix, presque hebdomadaire, exercée par les barons du trafic de la cigarette. A un tel point que le fumeur Tunisien ne connaît plus le prix légal du paquet de cigarettes qu’il achète, pourtant, tous les jours.

D’ailleurs, ci-dessous quelques exemples pour mesurer l’ampleur des dégâts :

  • Paquet de 20 mars légères ou Gold : prix fixé par l’État 2,550 DT, vendu aujourd’hui à 3,550 DT.
  • Paquet  Silver : prix fixé par l’État 2,800 DT, vendu aujourd’hui entre 3,200 DT et 3,400 DT.
  • Les marques Françaises : prix fixé par l’État 4,650 DT, vendu aujourd’hui à 5 DT.
  • La marque Camel : prix fixé par l’État 5 DT, vendu aujourd’hui à 5,5 DT.
  • Les marques Américaines : prix fixé par l’État 5,450 DT, vendu aujourd’hui entre 6 DT et 8 DT voir plus.

Comme vous le constatez, la marge des trafiquants varie entre 0,4 DT à 4 DT.
En Tunisie il y a 3 millions de fumeurs, je vous laisse imaginer le bénéfice réalisé par ce trafic extrêmement juteux.

Avec un calcul simple et bête, ce bénéfice peut atteindre le 1 million de dinars par jour !

La contrebande du tabac existe dans le monde entier. C’est un fléau combattu par tous les gouvernements de la planète à cause du manque à gagner qu’il entraîne.
Mais ce qui se passe en Tunisie dépasse les limites de l’aberration.
La combine est simple. Des criminels sans scrupules, plein aux as, achètent, sans distinction, les quantités de tabac distribuées par l’État. Ensuite, ils stock ces quantités afin de créer un manque sur marché. Dès que la demande dépasse l’offre et le manque est ressenti, il libère leurs quantités au prix qu’ils imposent.
En gros, ils font la pluie et le beau temps sur ce marché.

La question qui se pose ici est comment peuvent-ils faire ça ?

Il  y a deux méthodes. Soit, ils louent les autorisations des buralistes pour acheter leurs quotas de tabac. C’est une opération 100% légale.
Soit ils attendent les buralistes à la sortie des bureaux des recettes fiscales pour acheter les quantités qu’ils viennent juste d’acquérir en leur garantissant leur marge de profit déjà fixée par l’État.

D’ailleurs le journal Assabah a fait tout un dossier sur cette situation, dans son édition du samedi  3 octobre 2015, en constatant les mêmes pratiques dans la plupart des gouvernera du pays.

Où sont l’État et son prestige ?

En faisant cette enquête, les journalistes d’Assabah se sont confrontés un blackout total de la part de la RNTA.
Pourtant, il n’y a aucun indicateur de perturbation de la production de cette société publique classée 8e dans le top 10 des sociétés qui réalisent du plus grand chiffre d’affaires avec 1036 MDT en 2014 soit une augmentation de 14% par rapport à 2013.

Tout va pour le mieux pour cette compagnie publique. D’ailleurs, le système mis en place par les barrons du trafic du tabac, ne dérange pas les gains de l’État puisque ces derniers achètent « normalement » le produit.
Comme d’habitude, c’est le consommateur qui se trouve coincé dans la spirale infernale des circuits de distribution non contrôlés et obligé de payer les peaux cassées. Depuis le temps que sa dure, l’État nous dit clairement qu’elle a d’autres chats à fouetter. Il s’agit là d’un problème qui touche les fumeurs, s’ils ont un problème, qu’ils arrêtent de fumer. A ce message je réponds qu’aujourd’hui c’est le tabac demain ça sera, peut-être, les médicaments. Rappelez- vous que le laisser aller de la troïka face à l’extrémiste religieux à engendrer le terrorisme. Le vôtre engendrera probablement quelque chose de pire.

Entre-temps, nous les fumeurs, nous prendrons notre mal en patience le temps que l’autorité de tutelle trouve une solution à ces 3 millions de citoyens pris en otage par une poignée de trafiquant.

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http://efigure.net/wp-content/uploads/2015/10/xv.jpghttp://efigure.net/wp-content/uploads/2015/10/xv-150x150.jpgImed FakhriAnalyses & OpinionsJ’en ai marre de passer chez un buraliste ou chez un kiosque pour acheter des cigarettes et d’avoir toujours la même réponse « j’ai uniquement  telle ou telle marque ». Pis, lorsque je tombe sur un point de vente qui a la marque que je cherche, je trouve son prix augmenté d’au moins...Le site où figure l'information

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