Politique-etrengere-Tunisie

Depuis l’indépendance et même longtemps auparavant, la politique étrangère de la Tunisie était intelligemment menée. Conscient de notre poids réel par rapport aux pays influents dans la scène internationale, notre politique étrangère se basait sur la diplomatie et les compromis intelligents qui permettaient à cette petite Tunisie d’avoir toujours sa place et son mot à dire dans la plupart des affaires qui ont secoué le début de ce siècle et celui d’avant. Les deux guerres de l’Irak, la cause plasticienne depuis ses débuts, la guerre du Liban, la guerre contre le terrorisme… La Tunisie arrivait à influencer, de près ou de loin les cours des événements.
La Tunisie d’aujourd’hui, semble être perdue dans cette sphère internationale en pleine effervescence. En ne citant que le rendement de la politique étrangère de ces derniers mois on comprend que la Tunisie ou du moins, ses responsables qui s’occupent de la politique étrangère ont choisi d’appliquer la politique de l’autruche ainsi que la politique de la non-prise de position.

I/La Tunisie et la politique de l’autruche

Ignorer le danger, ne veut pas dire qu’il n’est pas là. Certes, la sécurité interne du pays est irréprochable, tenue et menée par des hommes expérimentés en la matière.
Par contre le danger nous guette de l’extérieur.
La situation Libyenne à nos frontières sud menace d’exploser à n’importe quel moment. Quel que soit le type du conflit, il impactera forcément la Tunisie. Plus globalement, ce qui se passe en Egypte, en Syrie et même en Irak et au Yémen aura des conséquences sur la Tunisie. N’oublions pas que 3000 de nos concitoyens combattent avec Daesh. Cette organisation terroriste, contrôle une grande partie de la Syrie et donne du fil à retorde au gouvernement Irakien malgré son suréquipement militaire.
Ce qui se passe à nos frontières et dans le Moyen-Orient est annonceur d’un changement majeur dans la région dans la prochaine décennie.
Ce changement se fera, certainement, dans la douleur et touchera tous les pays arabes. Prétendre, qu’il n’y a pas danger ne protègera pas la Tunisie de ce vent qui soufflera sur tout le monde.

II/Ne pas prendre de position

Je qualifie cette position par la plus grande erreur de la politique étrangère Tunisienne. Ne pas avoir de camp fait de la Tunisie l’ennemie de tous les camps. N’oublions pas que nous sommes l’allumette qui a mis le feu dans toutes ces dictatures par tout dans le monde. Notre exemple est la hantise des régimes totalitaire. Nous avons des ennemis partout dans le monde.
Ce nouveau statut, nous oblige à prendre des positions claires et réfléchies. Certes, nous ne devons pas prendre l’exemple de la Troika et de notre ex-président provisoire. Mais nous devons prendre des positions réfléchie qui prime l’intérêt de la Tunisie et des Tunisiens partout dans le monde.

1/L’affaire Libyenne

Ce qui se passe aujourd’hui en Libye, est la conséquence directe de cet excédent de neutralité. En Libye, pays de non droit et de conflits perpétuel, la communauté internationale reconnaît uniquement un seul gouvernement, celui de Tobrouk (extrême Est du pays) alors que la Tunisie ne souhaite pas prendre position et veut rester en bon terme avec les deux frères ennemis qui contrôlent ce pays.
Par cette position ambiguë elle devient avec le temps l’ennemie des deux et en désaccord avec le reste du monde qui a déjà choisi son camp.
La Tunisie a pris cette position pour protéger ses citoyens qui vivent là-bas, mais par ce laxisme elle les mets encore plus en danger. Les derniers événements le prouvent, enlèvement, meurtre de journalistes et arrestation en masse sans motif. Face auxquels la Tunisie reste impuissante et manque terriblement d’informations et de marge de manœuvre.

2/Affaire de Visa vers Dubai

De même pour le cas d’obtention de visa vers l’Émirats arabes unis, plus précisément, la ville de Dubaï où les demandes des Tunisiens sont systématiquement refusées. Même les hommes d’affaires qui ont des échanges avec ce pays ou des contrats à signer ne sont plus « les bienvenus » dans cette ville.
Pas de motif clair pour ce refus. C’est sûr que la prise de position de la Tunisie et politique étrangère y est pour quelques choses.

3/Coalition pour défendre le Yémen

Ce n’est pas fini, tout le monde sait que la Tunisie ne participe pas dans la coalition conduite par l’Arabie Saoudite au Yémen alors que l’Egypte et le Maroc y sont. Même Djibouti et le Sénégal sont de la partie. Cette situation aura des conséquences néfastes sur le sort des relations de la Tunisie avec les pays de cette coalition en général et les pays du Gulf en particulier où nos contacts sont au point mort depuis des années. Alors que leurs financements, qu’on le veuille ou pas, sont nécessaires à notre survie.

Pour finir, je dis que l’histoire de la Tunisie regorge de diplomates très intelligents, flexible et savant faire des compromis.
Depuis la révolution, la nouvelle génération de diplomates inexpérimentés, ne cesse d’accumuler les bourdes en mal estimant les situations. Franchement, la Tunisie n’a ni le temps ni les moyens d’attendre. Elle doit faire, le plus rapidement possible, un virage de 90° dans sa politique étrangère afin de reprendre la position qu’elle lui revient de droit, c’est-à-dire influencer le cours de la diplomatie arabe et Africaine et pourquoi pas Méditerranéenne et profiter ainsi des avantages  qui en découlent.
Mais avant tout, la Tunisie, doit dans tous les cas prendre une position et choisir clairement son camp.

Cet article a été lu [post_view] fois

http://efigure.net/wp-content/uploads/2015/05/Politique-etrengere-Tunisie.jpghttp://efigure.net/wp-content/uploads/2015/05/Politique-etrengere-Tunisie-150x150.jpgImed FakhriAnalyses & Opinions3000 Tunisiens,Daesh,danger Tunisie,égypDepuis l’indépendance et même longtemps auparavant, la politique étrangère de la Tunisie était intelligemment menée. Conscient de notre poids réel par rapport aux pays influents dans la scène internationale, notre politique étrangère se basait sur la diplomatie et les compromis intelligents qui permettaient à cette petite Tunisie d’avoir toujours...Le site où figure l'information

Votre commentaire